université étrangère
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Catherine Saracco, consultante en orientation scolaire en France et à l’international, donne cinq conseils avant de s’inscrire dans un établissement étranger.

«Avec la globalisation de l’enseignement supérieur, les études à l’étranger sont aujourd’hui un passage obligé: elles sont synonymes d’ouverture sur le monde», insiste Catherine Saracco, consultante en orientation scolaire à l’international et fondatrice du site kickstartstudentcareer. Une tendance qui va, de toute évidence, aller crescendo. «Les recruteurs vont de plus en plus valoriser les diplômés ayant effectué une partie importante de leurs études à l’étranger», ajoute-t-elle.

Selon une étude de l’agence Erasmus + publiée en mai 2016, trois jeunes ayant effectué un séjour à l’étranger sur quatre sont davantage protégés du chômage et ont accès à des emplois plus stables et mieux rémunérés. Mais faire ses études à l’étranger n’est pas une décision à prendre à la légère. Il faut l’anticiper car les démarches sont souvent longues et laborieuses. Catherine Saracco livre cinq conseils pour mener à bien son projet d’étude à l’étranger.

 

1. Partir: s’adapter au système du pays d’accueil

«Partir est une décision à ne pas prendre sur un coup de tête, à la légère.»Catherine Saracco

Les études à l’étranger doivent être un choix mûri et pleinement assumé. Le jeune va devenir bilingue, découvrir un autre système éducatif, se familiariser avec d’autres approches pédagogiques et cela nécessite un investissement humain et cognitif considérable que chaque jeune adulte n’est pas toujours en mesure de faire. Cela nécessite de grosses capacités de travail et d’adaptation qui ne sont pas à la portée de tous. Il faut donc clarifier différents facteurs et s’assurer de la maturité, du niveau scolaire, de la maîtrise de langues étrangère du jeune et de la pertinence de son choix de pays. Partir étudier à l’étranger ne peut pas être une décision que l’on prend sur un coup de tête, à la légère.

2. Candidatures: ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier

Il faut compter environ 18 mois pour la préparation d’un projet d’étude à l’étranger, surtout si une remise à niveau de la langue étrangère s’impose. Pendant cette période, vous pourrez ainsi obtenir des certifications en langue de type de TOEFL (Test of English as a Foreign Language) ou IELTS(International English Language Testing System), exigées dans presque tous les dossiers de candidature. Il est donc conseillé de commencer le montage du dossier entre la classe de 1ère et de Terminale et poser rapidement les jalons du plan d’action. Car le montage du dossier d’inscription, en particulier pour les universités américaines et canadiennes, compte de nombreuses formalités administratives et peut être très chronophage.

 

«Les universités californiennes reçoivent 100.000 demandes pour 6000 places.»Catherine Saracco

Les universités américaines restent plébiscitées par les étudiants, même si l’on observe une attractivité croissante des établissements suisses et allemands. Il faut garder en tête qu’il est très difficile, même pour les élèves excellents, d’intégrer une université américaine. Les universités californiennes (UCLA, Stanford, Berkeley…), par exemple, reçoivent 100.000 demandes pour 6000 places. La priorité va d’abord aux étudiants californiens, puis aux étudiants américains des autres États et enfin aux étudiants étrangers. Il est donc impératif de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et postuler à plusieurs universités, même si cela prend du temps.

3. Lettre de motivation: mettre en avant vos compétences sociales

Souvent, dans la préparation des dossiers d’inscription, les étudiants français raisonnent avec des réflexes franco-français alors que les codes anglophones et germanophones sont différents. Même si la lettre de motivation anglophone requiert le même formalisme qu’en France, la philosophie n’est pas la même. Certes, les diplômes et les notes comptent mais une grande attention est portée à l’expérience (petits boulots, passe-temps, bénévolat, compétences sociales, etc.). Il faut être concis, pragmatique et se concentrer sur ses résultats et ses expériences positives. Le plus important, ce sont les «accomplissements personnels (achievements). Il faut oser montrer que l’on est singulier. L’une des pièces maîtresses du dossier d’inscription anglophone est le statement of purpose(SoP), soit la «déclaration d’intention». Le candidat doit raconter son parcours en deux pages et ce qui l’a amené à choisir une formation en particulier à l’étranger. Même en étant bilingue et polytechnicien, l’exercice est très délicat.

«À compétences égales, un dossier sera valorisé si le candidat démontre qu’il s’investit dans des activités culturelles, sportives ou caritatives.»Catherine Saracco

Au-delà des compétences techniques, les recrutements de candidats étrangers dans les universités internationales intègrent fortement dans leurs critères de sélection ce qu’on appelle les compétences dites «sociales». Ainsi, à compétences égales, un dossier sera davantage valorisé si le postulant démontre qu’il s’investit dans des activités culturelles, sportives ou caritatives. Car cela démontre la motivation personnelle, la capacité d’adaptation, l’autonomie et la singularité du candidat.

4. Prix: pensez aux possibilités de bourses

Même si les parents sont prêts à d’importants sacrifices financiers, ils ont tendance à sous-estimer les frais très élevés que nécessitent les études, en particulier dans les pays anglo-saxons. Ils sont prêts à payer en moyenne 20% de plus que pour un cursus français. Les études aux États-Unis représentent, frais d’inscription et de vie courante inclus, un surcoût 12 fois supérieur à ce que les parents projetaient au départ. Il faut compter, pour une année dans une université américaine, entre 18.000 et 25.000€. La planification financière est donc indispensable. Au Canada et en particulier au Québec, les coûts sont moindres et oscillent entre 4000 et 18.000€ l’année. À noter: les étudiants français sont favorisés dans les universités québécoises.

En revanche, dans les universités européennes, les coûts sont moindres. Exception faite de la Grande-Bretagne, où il faut compter en moyenne 10.000€ par an, frais d’inscription et de vie courante inclus. En Allemagne et en Suisse, il faut compter entre 1000 à 1500€ par an pour les frais d’inscription. C’est donc très intéressant financièrement, d’autant plus que les deux pays comptent des universités d’excellence de niveau mondial. On assiste à une vraie montée en puissance de ces deux pays.

es de bourse avantageux: la bourse fulbright pour les États-Unis, qui fonctionne sur critères académiques; la bourse Vanier pour effectuer un doctorat au Canada (50.000$ l’année) ou encore les bourses Zellidja, en France, octroyées en fonction de la motivation et de la pertinence du projet. Même si le ministère des Affaires étrangères ne finance plus la mobilité des étudiants à l’étranger, il fait quelques exceptions avec le Collège d’Europe à Bruges en Belgique ou à Natolin en Pologne, dans le cadre de sonprogramme d’excellence Lavoisier.

«Sans aligner esprit et cœur, il sera très compliqué de réussir dans le monde de demain.»Catherine Saracco

5. Choix d’études: les recruteurs cherchent des profils hybrides

La digitalisation bouscule considérablement les nomenclatures établies des métiers. Certes, les disciplines canoniques comme le droit ou la médecine demeurent mais de manière générale, les frontières disciplinaires deviennent de plus en plus poreuses. La tendance montre une exigence de pluridisciplinarité de plus en plus forte. On note une tendance certaine chez les recruteurs à valoriser les profils hybrides et ceci est d’autant plus vrai à l’étranger. L’avenir est donc aux programmes d’étude qui croisent l’acquisition de solides compétences techniques avec des soft skills(créativité, pensée critique, capacité de jugement, adaptabilité…). Sans aligner esprit et cœur, il sera très compliqué de réussir dans le monde de demain. C’est à prendre en compte dans le choix du programme d’étude à l’étranger.


● Les dates à retenir pour postuler dans une université étrangère

– Pour les universités britanniques, les inscriptions doivent s’effectuer sur le site UCAS, l’équivalent d’APB. Elles doivent être finalisées le 15 janvier pour un démarrage de la scolarité dans la même année. Pour les universités Oxford et Cambridge, parfois appelées «Oxbridge», les inscriptions sont closes plus tôt, le 15 octobre.

– En Allemagne et en Suisse, les études obéissent à un système semestrialisé. Les procédures de dépôt de candidatures se font donc entre mars et la mi-juillet pour l’Allemagne et dès la mi-janvier jusqu’en avril, pour la Suisse.